Qu’est-ce que le Patoshi Pattern et le Patoshi Miner, et que signifient-ils pour Bitcoin ?

Qu’est-ce que le Patoshi Pattern et le Patoshi Miner, et que signifient-ils pour Bitcoin ?

Qu’est-ce que le Patoshi Pattern ?

Le Patoshi Pattern est un motif remarquable observé dans les tout premiers blocs Bitcoin, qui pourrait montrer quels blocs ont été trouvés par le même mineur. Le Patoshi Pattern n’est pas une fonctionnalité officielle de Bitcoin et ne prouve pas non plus que ces blocs proviennent de Satoshi. Il s’agit d’une étude des données publiques sur la blockchain Bitcoin.

L’analyse s’intéresse surtout à l’ExtraNonce, une information supplémentaire intégrée dans la première transaction d’un bloc. Une transaction coinbase est la première transaction d’un nouveau bloc : c’est là que le mineur reçoit la block reward. L’ExtraNonce est, en termes simples, une information additionnelle qu’un mineur peut insérer dans cette transaction afin de créer de nouvelles variantes pendant le minage.

Pourquoi est-ce nécessaire ? Lors du mining, un ordinateur essaie un très grand nombre de versions différentes d’un bloc jusqu’à en trouver une qui respecte les règles de Bitcoin. La nonce normale dans les données techniques du bloc n’offre parfois pas assez de possibilités. En modifiant quelque chose dans la transaction coinbase, on modifie aussi la racine de Merkle, une sorte de résumé des transactions contenues dans le bloc. Le mineur dispose alors à nouveau d’un grand nombre de nouvelles possibilités à tester.

Dans les premiers logiciels Bitcoin, cet ExtraNonce ressemblait souvent à un compteur croissant. Si le logiciel de minage redémarrait, ce compteur pouvait repartir à une valeur basse. Sergio Demian Lerner a observé que certaines séries de ces valeurs présentaient des lignes ascendantes et des retours en arrière particulièrement similaires lorsqu’on les plaçait en regard des hauteurs de blocs. Il a appelé cet ensemble remarquable le Patoshi Pattern.

Selon son analyse, il s’agissait d’environ 22 000 blocs parmi les 50 000 premiers blocs Bitcoin. La récompense par bloc était alors de 50 BTC. En faisant un calcul approximatif, on arrive à environ 1,1 million de BTC en block rewards identifiées. Cela ne signifie pas qu’il s’agit d’un solde prouvé appartenant à une seule personne, ni que tous ces BTC se trouvent encore dans un seul wallet crypto.

Un autre élément a retenu l’attention : une partie de la nonce classique revenait souvent dans les mêmes plages pour ces blocs. En particulier, les valeurs de 0 à 9 et de 19 à 58 revenaient fréquemment. Associées aux séries d’ExtraNonce, elles ont aidé à relier des blocs au Patoshi Pattern.


À retenir

  • Le Patoshi Pattern est une analyse de traces techniques remarquables dans les premiers blocs Bitcoin.
  • L’analyse examine notamment des valeurs d’ExtraNonce croissantes dans les transactions coinbase.
  • Sergio Demian Lerner a relié environ 22 000 blocs précoces à ce motif.
  • À 50 BTC par bloc, ces blocs représenteraient nominalement environ 1,1 million de BTC en rewards.
  • Le motif est un indice sur un éventuel logiciel de minage partagé ou sur un processus de minage, pas une identité prouvée.

Qu’est-ce que le Patoshi Miner ?

Le Patoshi Miner est le nom donné au mineur supposé derrière les blocs du Patoshi Pattern. « Patoshi » n’est donc ni une personne connue, ni une entreprise crypto, ni un wallet, ni un appareil spécifique. C’est surtout un nom pratique pour désigner celui qui pourrait se cacher derrière ce motif.

Les séries d’ExtraNonce semblent indiquer qu’un seul mineur utilisait un logiciel ou des paramètres différents de ceux des autres mineurs. Ce mineur aurait trouvé une grande partie des blocs en 2009.

Point important : l’identité réelle reste inconnue. On ne sait pas non plus quel matériel a précisément été utilisé. Plusieurs théories existent sur les ordinateurs et les équipements de minage employés, mais il n’existe pas de preuve claire à ce sujet.

Les données rendent plausible l’idée qu’un seul mineur ait trouvé un grand nombre de blocs durant cette période précoce. Mais un tel indice technique ne permet pas, à lui seul, de savoir qui se trouvait derrière l’ordinateur.

Comment le Patoshi Pattern a-t-il été identifié sur la blockchain Bitcoin ?

Le Patoshi Pattern a été identifié en comparant les données publiques des premiers blocs et en recherchant des traces techniques récurrentes. Il s’agit notamment des données de la transaction coinbase, de l’ExtraNonce, de la nonce de l’en-tête, des hauteurs de blocs et des timestamps.

La hauteur de bloc est simplement le numéro d’ordre d’un bloc. Un timestamp est l’heure associée à un bloc. En combinant ces données, on peut voir si certains blocs se comportent comme s’ils provenaient du même processus de minage.

Le cœur de l’analyse se trouve dans l’ExtraNonce. Dans le client initial, celui-ci évoluait souvent, selon l’analyse, comme un compteur. Une série peut par exemple augmenter régulièrement, puis repartir à une valeur plus basse après un redémarrage. Si plusieurs blocs forment une courbe ascendante comparable, cela peut indiquer qu’ils ont été produits avec le même logiciel ou la même configuration.

Lerner a comparé les valeurs d’ExtraNonce avec les numéros de bloc. Il a recherché de longues séries qui augmentaient à peu près au même rythme, se chevauchaient peu et recommençaient clairement. Une série particulièrement cohérente a ensuite été reliée au Patoshi Pattern.

Comme contrôle supplémentaire, il a examiné la dernière partie de la nonce dans les données techniques de chaque bloc. Dans son modèle, ces valeurs apparaissaient surtout dans les plages de 0 à 9 et de 19 à 58 pour les blocs Patoshi.

Le temps des blocs a également compté. Dans les 50 000 premiers blocs, un bloc Patoshi plus récent n’avait jamais un timestamp antérieur à celui du bloc Patoshi précédent. Cela peut indiquer que les blocs ont été produits avec la même horloge ou le même processus de minage.

Les données des blocs sont publiques. D’autres peuvent donc reproduire eux-mêmes l’analyse et les graphiques. La difficulté principale réside surtout dans l’interprétation : quelles règles faut-il utiliser pour attribuer ou non un bloc au groupe ?

Quelle est la relation entre le Patoshi Pattern et le Patoshi Miner ?

Le Patoshi Pattern est le motif de données visible, tandis que le Patoshi Miner est le nom donné au mineur qui aurait produit ce motif. On peut voir cela comme des empreintes dans la neige face à la personne qui les aurait laissées.

Il s’agit d’une conclusion fondée sur les données, mais pas d’une preuve de propriété. La blockchain Bitcoin ne contient en effet aucun champ indiquant le nom ou l’identité d’un mineur. La récompense d’un bloc est liée à une clé publique ou à d’autres conditions permettant de dépenser le bitcoin. On ne peut pas en déduire quelle personne se trouve derrière.

Même si les blocs provenaient techniquement d’une seule configuration de minage, cela ne prouve pas automatiquement que toutes les rewards étaient gérées par le même propriétaire. Et cela ne prouve pas non plus que ce propriétaire était Satoshi Nakamoto.

Pourquoi le Patoshi Pattern et le Patoshi Miner sont-ils importants ?

Le Patoshi Pattern est important parce qu’il peut éclairer la manière dont Bitcoin a été miné et distribué au cours des premiers mois. L’analyse suggère qu’un seul mineur a peut-être trouvé une part exceptionnellement importante des blocs en 2009.

Cela rend intéressante la quantité potentielle de BTC précoces. Selon l’estimation la plus large, environ 22 000 blocs appartiennent au Patoshi Pattern. Les récompenses correspondantes totalisent environ 1,1 million de BTC, mais cette estimation est contestée. Des estimations plus prudentes aboutissent à environ 600 000 à 700 000 BTC. Une partie d’environ 740 750 BTC peut être mieux étayée sur la base du motif.

Il ne s’agit donc pas d’un montant fixe que l’on pourrait attribuer sans réserve à Satoshi. C’est une estimation des block rewards identifiées par une méthode d’analyse donnée.

L’analyse montre aussi qu’il peut être difficile de rester totalement anonyme sur une blockchain publique. Un mineur peut utiliser différentes adresses de réception tout en laissant des traces techniques dans les données publiques des blocs. Le comportement du logiciel peut parfois relier des blocs entre eux malgré tout.

C’est pertinent pour l’histoire de Bitcoin, mais aussi pour le marché des cryptomonnaies. Les anciennes récompenses de minage et les éventuelles grandes quantités de BTC précoces jouent donc un rôle dans les débats sur la distribution initiale du bitcoin, sur l’influence importante de certains mineurs et sur le suivi des anciens bitcoins.

Ces BTC ne peuvent pas être qualifiés simplement de premine. Si l’analyse est correcte, ils ont été minés selon les règles normales de Bitcoin. Ils n’ont donc pas été attribués à l’avance à une adresse.

Quels indices relient le Patoshi Pattern à Satoshi Nakamoto ?

Certains indices relient une partie de la trace Patoshi au pseudonyme Satoshi Nakamoto, mais il n’existe aucune preuve cryptographique que Satoshi ait miné tous les blocs identifiés. L’indice concret le plus solide concerne le bloc 9.

La block reward du bloc 9 a financé le célèbre paiement de 10 BTC confirmé dans le bloc 170 à Hal Finney. Hal Finney a confirmé en janvier 2009 avoir reçu un paiement de Satoshi. Il existe donc un lien historique direct entre le pseudonyme Satoshi et une reward du bloc 9.

Dans une analyse distincte, le bloc 9 est relié à la série du mineur dominant supposé. Cela rend plausible l’idée qu’au moins une partie de cette trace soit liée à Satoshi Nakamoto.

Selon Lerner, le début précoce de la série, les similitudes techniques entre les blocs et le comportement des récompenses de minage correspondent également à Satoshi. Mais il s’agit d’indices et de circonstances, pas d’une preuve définitive.

Une signature cryptographique avec une clé privée pertinente montrerait qu’une personne contrôle cette clé précise. Une telle signature n’existe pas pour l’ensemble du jeu Patoshi. De plus, le paiement à Finney ne révèle pas l’identité civile derrière le pseudonyme Satoshi Nakamoto.

Qu’est-ce qui rend l’analyse du Patoshi Pattern incertaine ?

L’analyse reste incertaine, car il n’existe pas de règle fixe sur la manière dont les mineurs doivent utiliser l’ExtraNonce. Le logiciel de minage peut construire et mettre à jour les données supplémentaires d’une transaction coinbase de différentes façons. Deux mineurs peuvent donc, en théorie, laisser des traces similaires sans être la même personne.

Une ligne ascendante dans les valeurs d’ExtraNonce n’est pas non plus une preuve de propriété. Elle peut seulement indiquer que le même logiciel, le même matériel ou la même méthode a été utilisé. Le passage de « ce motif existe » à « il s’agit d’un seul mineur » est déjà une interprétation. Le passage de « un seul mineur » à « c’était Satoshi » est encore bien plus incertain.

Cette distinction est importante. L’existence d’un motif remarquable est largement reconnue comme quelque chose que l’on peut observer dans les données. Il est beaucoup plus difficile d’attribuer avec certitude des blocs individuels au motif, surtout après août 2009. Les séries y sont moins régulières et les écarts entre les blocs varient davantage.

La répartition inhabituelle des valeurs de nonce n’a pas non plus été observée uniquement au début de Bitcoin. Des écarts similaires ont aussi été trouvés plus tard, notamment entre 2010 et 2011, entre 2012 et 2014, puis entre 2016 et 2018. On ne peut donc pas utiliser un motif de nonce comme une empreinte unique de Satoshi.

Lerner lui-même n’a pas affirmé pouvoir prouver avec une certitude de 100% que tous les blocs identifiés provenaient de Satoshi. C’est finalement le point essentiel : l’analyse Patoshi est solide et intéressante, mais elle ne prouve pas qui a miné les blocs.

En résumé

Le Patoshi Pattern est une trace technique remarquable dans les premiers blocs Bitcoin. Le Patoshi Miner est le nom donné au mineur dominant supposé qui pourrait se cacher derrière cette trace. Ensemble, ils offrent une image fascinante des premiers mois de Bitcoin et de ce que l’on peut déduire des données publiques de la blockchain.

L’analyse rend plausible l’idée qu’un seul mineur ait trouvé un grand nombre de blocs en 2009. Le bloc 9 fournit en outre un indice concret d’un lien avec Satoshi Nakamoto. Il reste toutefois important de ne pas tirer de conclusions excessives : un motif n’est pas une identité, un mineur dominant n’est pas automatiquement Satoshi, et les block rewards identifiées ne constituent pas le solde actuel prouvé en bitcoin d’une seule personne.

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